samedi 7 septembre 2013

Australie : West Coast - de Perth à Carnarvon



Mercredi 21 Août, après 2 heures de transport, je retrouve à 9h30 Simona, Marcello et Kim à l’agence de location « Wicked Campers ». La voiture n’est pas tout à fait prête, il nous faut patienter jusqu’à 10h pour la remplir de nos bagages. A quatre, c’est un peu serré, mais tout fini par rentrer ! Après un arrêt au centre commercial pour acheter une tente (nous trouvons une offre spéciale, 39$ une tente 5 personnes ; au moins on sera à l’aise avec Kim pour mettre nos gros sacs à dos) et faire quelques provisions de nourriture, nous voilà partis sur la route pour faire au minimum 2200km qui devraient nous mener jusqu’à Broome en 2-3 semaines.

Après environ 2 heures de route, nous atteignons le Nambung National Park. La majeure attraction de ce parc national est le Pinnacles Desert, paysage unique en Australie, constitué de roches pointues pouvant atteindre jusqu’à 5 mètres de hauteur. Nous faisons d’abord la boucle en voiture (4km) puis une balade à pied à travers cet étrange et magnifique paysage.



Vers 16h30, nous reprenons la voiture en direction du lac Thetis, connu pour être peuplé de Stromatolithes, colonies de micro-organismes qui rassemblent les formes de vie les plus simples et plus anciennes trouvées sur terre il y a 3,5 billions d’années. Les stromatolithes  poussent ici grâce à la salinité de l’eau très élevée, l’abondance de bicarbonate de calcium et la circulation limitée de l’eau. Dernier stop ensuite à Thirty Point, point de vue sur l’océan indien, où l’on fait une rapide balade pour profiter du paysage car il est déjà 17h30, le soleil ne va pas tarder à se coucher (nous ne sommes pas assurés pour conduire de nuit) et nous devons encore nous rendre jusqu’à notre camping.


Simona et Marcello ont acheté le « Camps 7 », la bible du campeur, dans lequel sont recensés tous les campings gratuits ou bon marchés avec à chaque fois un descriptif de ce qu’on peut y trouver (WC, douches, barbecues, tentes autorisés, camp avec point de vue, …). Du coup, ce soir, on a opté pour un camping à Sandy Cape, situé au bord de la mer et entourés de dunes de sable blanc. C’est tout simplement magnifique et totalement sauvage, j’adore.
A peine arrivés, on grimpe sur la dune pour voir la mer et on assiste à quelque chose d’incroyable : le soleil à l’Ouest vient de disparaitre, le ciel est tout orangé, tandis qu’à l’Est une lune orange (c’est la pleine lune), coloré par le soleil couchant apparait derrière les dunes, tel un levé de soleil. Nous sommes tout simplement au bon endroit au bon moment, c’est magique ! Ensuite, on installe les tentes (pour une première, ça se passe plutôt bien), puis on se prépare une grosse salade pour le diner. On se couche de bonne heure, car il fait froid ! Trop froid d’ailleurs pour mon duvet confort 11°C ce qui fait que la nuit est plutôt agitée. Je tente un petit footing de 10 minutes à 3h du matin pour tenter de réchauffer mes pieds gelés, lol, pas très efficace.
A 5h30, ne pouvant pas dormir, je décide de partir me balader pour assister au lever du soleil. Pas grand-chose à dire si ce n’est qu’à cet instant-là, je ne regrette absolument pas d’être revenue en Australie ! C’est exactement ce à quoi je m’attendais, la nature sauvage et des paysages fantastiques. Voilà ce que ça donne en images :





Nous prenons la route ce matin vers 9h, en direction du Lesueur National Park. C’est un endroit réputé pour admirer les « Wildflower ». En effet, la côte Ouest de l’Australie est également connue pour ses fleurs, qui fleurissent par milliers à la fin de l’hiver et au printemps, et transforme des étendues verdoyantes (au cœur de l’hiver) en champs de fleurs de toutes les couleurs. Le parc Lesueur abrite plus de 900 espèces de fleurs sauvages dont certaines ne peuvent être vues nulle part ailleurs dans le monde, ainsi que 52 espèces de reptiles (41 espèces de lézards et 11 espèces de serpents). Une boucle de 18km traverse le parc, nous l’empruntons et à mi-chemin, nous nous arrêtons pour faire une balade de 2heures environ, sur un sentier botanique, avec une belle vue sur le Mont Lesueur. Nous sommes malheureusement un peu trop tôt, il y a des fleurs (pleins de fleurs), mais pas encore autant que l’on peut voir sur les magazines. Dommage !



Après un bon pique-nique (merci au cousin de Simona grâce à qui j’ai mangé du saucisson fait maison absolument délicieux), nous reprenons la route vers le Nord vers 14h. Nous nous arrêtons camper un peu après Geralton, à Oakabella Homestead, un charmant endroit au milieu des champs verts australiens. C’est un peu comme un musée, une typique ferme australienne reconstituée comme dans l’ancien temps, avec étable, écurie, cuisine, … .



C’est encore une nuit très agitée que nous passons, cette fois à cause du vent. Notre tente ne résiste pas aux rafales, car les piquets ne tiennent pas dans le sol sablonneux ; Kim fini dans la voiture, et moi dans les toilettes !
Vendredi 23 Août (3ème jour), nous partons en direction de Kalbarri (et son parc national). Nous nous arrêtons en chemin pour voir le « Pink lake », qui s’étend sur une dizaine de km, et dont la couleur rose est due à la présence de Beta Carotene. C’est incroyable, je me crois l’espace d’un instant quelque part au Nord du Chili ou en Bolivie.


Puis nous poursuivons vers Kalbarri par la route panoramique offrant de magnifiques vues sur l’océan indien (Kalbarri Coastal Cliffs). C’est aussi un endroit connu pour l’observation des baleines, les « Humbpack whales », qui migrent le long de la côte entre Juin et Novembre. Nous faisons une première petite balade entre 2 points de vue, « Island Rock » et « Natural Bridge » plutôt agréable, malgré les mouches, de plus en plus présentes tandis que nous remontons vers le Nord.


Nous faisons ensuite un deuxième stop à « Eagle Gorge » où nous avons la chance d’apercevoir baleines et dauphins au loin ; puis nous descendons sur la plage pour profiter un peu plus du paysage et toucher l’eau.


Il fait de plus en plus chaud et nous commençons à avoir faim. Comme il n’y a pas d’ombre aux différents points de vue sur la côte, nous décidons de faire un troisième et dernier stop à « Red Bluff », puis de continuer jusqu’au centre de Kalbarri où nous trouvons tables de pique-nique sur la « Chinamans Beach ». Après le déjeuner, je décide de faire un petit bain rapide dans l’océan (l’eau est froide comparé à l’Asie !!) tandis que les autres se contentent de prendre le soleil sur la plage. L’après-midi est tranquille, après un arrêt à l’office du tourisme où l’on apprend que la majeure partie du parc national (que nous avions l’intention de visiter le lendemain) est fermé, nous nous installons vers 15h30 dans un camping en bord de rivière à la sortie de la ville.
Le soir, nous rencontrons dans la cuisine commune Gordon et Pita, 2 australiens d’une cinquantaine d’années, qui ont traversé le pays depuis Sydney dans leur camion-camping (aménagé par Gordon lui-même) pour collecter des espèces de plantes / fleurs endémiques des différentes régions d’Australie. En effet, Pita est passionné de botanique et effectue un voyage comme celui-ci chaque année. Après seulement 2 semaines de voyages, c’est presque 200 plantes qu’il a ramassé et qu’il met à sécher dans une presse. Après le diner, ils nous offrent le thé et nous discutons pendant encore une bonne heure avant d’aller finalement nous coucher vers 21h30. Cette nuit est encore fraiche, et à 1h du matin, je passe ¼ d’heure auprès des braises encore rouge d’un feu allumé dans la soirée par les gens travaillant dans la ferme, pour essayer de réchauffer mes pieds gelés.

Le lendemain matin, nous traversons le Kalbarri NP et faisons un arrêt aux 2 points de vue accessibles (le reste du parc étant fermé) : « Hawks Head », offrant un beau point de vue sur la Murchison River, qui a creusé des gorges sur plus de 80km jusqu’à la mer ; et « Ross Graham », où l’on peut accéder à la rivière par un petit sentier.


Après une courte balade, on reprend la route en direction de Shark Bay, région unique dans le monde et classée au patrimoine mondial grâce à la diversité et rareté de sa faune marine, comme les « Humpback whales », raies Manta, tortues, dauphins, mais également le dugong, une espèce menacée d’extinction dans le monde. Le dugong est l’une des 2 espèces de vache de mer qui a survécu. Il est herbivore et se nourrit principalement des racines et « rhizomes » des algues. Il a été estimé qu’environ 1/8 de la population mondiale se trouve dans les eaux de Shark Bay, et cela grâce à la diversité et quantité d’algues qui couvrent à Shark Bay plus de 4000 km2.


Le temps étant absolument magnifique aujourd’hui, nous décidons de nous arrêter à « Shell Beach » pour nous baigner et profiter du soleil. Ici, des milliers de petits coquillages blancs se sont accumulés à travers les siècles pour créer un environnement unique. Il est estimé qu’à certains endroits, ils s’accumulent sur plus de 10m. La plupart des bâtiments historiques de Shark Bay ont été construits avec des blocs de coquillages, notamment l’église de Denham, et la « Telegraph Station » à Hamelin Pool (que nous visiterons plus tard).


Nous poursuivons notre route jusqu’à Denham, où nous nous installons dans un camping au bord de l’océan. Le lendemain matin, Dimanche (5ème jour), on se lève de bonne heure pour aller à Monkey Mia,endroit réputé pour être visité chaque jour par le « Indo-Pacific Bottlenose dolphin ». Un peu décevant car très touristique et seulement 6 dauphins se présentent ce matin, contre 17 3 jours auparavant.



C’est également le premier jour de mauvais temps depuis le début de notre périple, et ce n’est pas l’idéal pour un lieu comme celui-ci où les plages turquoise se prêtent idéalement à la baignade mais aussi pour l’observation de la faune marine. La deuxième attraction majeure de Shark Bay après la faune marine est le « François Peron National Park », nommé ainsi du nom du zoologiste français François Peron, arrivé à Shark Bay en 1801. Le parc couvrant plus de 50 000 hectares, offre des paysages côtiers incroyables où les dunes de sable rouge et les plages de sable blanc contrastent merveilleusement avec le bleu de l’océan, ainsi qu’une vie sauvage inhabituelle. Il n’est malheureusement accessible qu’en 4WD (grosse déception pour moi, j’aurai adoré le visiter, mais un tour organisé coûte malheureusement 200$), et nous nous contentons donc de la visite de « Peron Heritage Precinct », une ferme reconstituée à l’entrée du parc, où se trouve un « hot tub » (jacuzzi naturel à 40°C), où il fait bon de se tremper après le froid matinal à Monkey Mia.
Nous profitons ensuite d’une éclaircie pour faire un tour à pied le long du canal reliant « Little Lagoon » (un lagon de forme circulaire à l’eau turquoise) à la mer.



La pluie de retour, nous décidons de manger au chaud dans un pub, puis en début d’après-midi, nous reprenons la route en direction de « Eagle Bluff », célèbre point de vue sur l’océan, d’où peuvent être observé requins, raies, et parfois même, le timide et rare Dugong (pas de chance aujourd’hui, on ne voit rien).


Nous poursuivons alors jusqu’à « Hamelin Pool Marine and Nature Reserve », où nous passerons la nuit. Avant de planter la tente, nous allons faire la promenade aménagée au bord de la plage pour voir les Stromatolithes (petit circuit très sympa avec des explications ludiques et intéressantes) et on profite par la même occasion d’un beau coucher de soleil.



Lundi 26, après une balade matinale le long de la plage (petit parcours culturel sur la « Telegraph Station » et les carrières de coquillages), nous prenons la route en direction de Carnarvon, notre prochaine ville étape.



Carnarvon est la seule ville d’Australie où le désert central rencontre l’océan ; sa situation idéale lui permet de produire une grande variété de fruits et légumes toute l’année. Nous passons une après-midi tranquille, internet et courses, rien de très exaltant. Nous décidons de passer 2 nuits ici, et le lendemain, nous partons pour une excursion à la journée sur la côte, pour voir les « Blowholes » et profiter de la plage. Nous nous arrêtons d’abord pour admirer ces fameux geysers, pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres de hauteur, qui jaillissent chaque fois qu’une vague vient s’écraser contre les rochers ; en effet,  l’eau pénètre à travers de petites grottes et ressort à travers des trous étroits formés dans la roche ; la mer est agitée aujourd’hui, ce qui nous offre un spectacle passionnant.



Nous faisons ensuite une petite cession snorkelling à « Point Quobba », petit lagon protégé de l’océan par une barrière de corail. L’eau est peu profonde ce qui rend l’exercice un peu dangereux (nous ne sommes qu’à quelques centimètres des coraux) ; Marcello et Simona s’aventurent un peu plus loin que Kim et moi, et voient 6 petits requins (reef shark) !



L’après-midi, nous nous aventurons sur une piste de 65km pour aller jusqu’à « Red Bluff » (falaises surplombant l’océan) et « Gnaraloo Bay » (baie turquoise avec une plage de sable blanc) mais la piste en mauvaise état et le temps qui passe nous fait faire demi-tour une heure plus tard. Le paysage est cependant plutôt sympa, et nous voyons chèvres, moutons, émeus et quatre kangourous ! Nous faisons quelques stops photos sur le retour, avant de rentrer à Carnarvon au coucher du soleil !



mardi 20 août 2013

Australie : Perth et environs


Mercredi 14 Août, j’atterris à Perth en début d’après-midi. Perth est la capitale de l'État d'Australie-Occidentale, c’est la quatrième ville du pays. Elle a été fondée en 1829 par le Capitaine James Stirling comme le premier point d'implantation d'une nouvelle colonie britannique, la Swan River Colony.

Après avoir retiré quelques dollars, je me dirige vers Baldivis, petite ville située à environ 50km au Sud de Perth, où m’attendent Craig et Sara, 2 néo-zélandais qui ont accepté de m’héberger quelques jours le temps que je trouve des compagnons de voyage pour mon roadtrip vers le Nord. Je suis accueillie très chaleureusement par Sara, à la station de train.

Le lendemain, je pars à Perth pour visiter un peu et m’acheter ma carte SIM ce qui me permettra d’être plus efficace dans mes recherches. Comme il pleut, je ne m’attarde pas trop à l’extérieur et j’en profite pour visiter les musées d’art et d’histoire naturelle. Au musée d’art, je m’attarde un peu plus sur les œuvres d’art aborigènes, le reste n’est pas trop à mon goût. Il y a également une exposition temporaire sur Van Gogh et Dali, mais je décide d’économiser $25 et de ne pas y aller.




Je ne rentre pas tard, pas trop motivée par le temps maussade du jour. Le soir, après un rapide dîner, nous partons au centre commercial faire du shopping (fermeture 21h !) avec Craig, Sara et Braxton, leur fille.

Le lendemain, c’est à Fremantle que je pars me balader. Fremantle est considérée comme un des centres culturels de Perth, avec ses bâtiments « convict-built » (terme désignant les édifices construits par les bagnards envoyés dans les colonies britanniques, plus particulièrement en Australie, pour purger leur peines de prison) de l’ère coloniale, sa jetée, son port, son musée maritime et beaucoup d’autres bâtiments d’un grand intérêt historique.
Le matin, je me promène dans les rues du centre-ville où sont alignés de magnifiques bâtiments, et parcours rapidement le marché couvert.



Après un déjeuner rapide sur le port, je pars visiter la maison ronde ; construite en 1830-1831, c’est le plus vieux bâtiment d’Australie-Occidentale encore debout. Elle servait à l'origine de prison. Un tunnel fut creusé sous la Maison ronde pour fournir aux baleiniers un accès entre la jetée et la ville.
Un autre lieu touristique important de Fremantle est la prison, que je n’ai malheureusement pas le temps de visiter. Elle fût en son temps l’une des prisons les plus célèbres de l’Empire britannique. Elle abrita des bagnards, des prisonniers locaux, des prisonniers militaires, des civils ennemis et des prisonniers de guerre.

Sur le chemin retour vers la gare de train, je passe devant l'université et j'en profite pour admirer les œuvres aborigènes affichées dans la salle de restauration.



Samedi matin, je pars à Perth, de nouveau, pour rencontrer 2 italiens qui m’ont contacté pour me proposer de me joindre à eux pour le roadtrip jusqu’à Broome. Ils sont super sympas, et je crois que je vais abandonner mes autres pistes (2 français en van rencontrés la veille, 1 australien en pick-up que j’avais prévu de rencontrer le lundi suivant).
L’après-midi, c’est une visite du Sud de Perth, ses vignobles (Margaret River) et plages sauvages, avec un australien un peu bizarre.


Dimanche, après une balade matinale dans le quartier pendant que la famille fait la grasse matinée, on part se promener avec Craig, Sara et Braxton aux Serpentine Falls. Enfin, je peux voir mes premiers vrais kangourous sauvages de près, dont l’un a un petit bébé dans sa poche ! Trop mignon ! Sur la route du retour, on fait un crochet par le Serpentine Dam, retenue d’eau de pluie qui alimente la ville de Perth et ses environs.




Lundi, journée repos ; j’en profite pour préparer le diner pour Craig et Sara (tomates farcies, gratin Dauphinois et gâteau au chocolat). Le soir, je les accompagne au « Doggy School », c’est rigolo.

Mardi, dernier jour avant le grand départ ! Je la passe à Perth, pour visiter la ville sous le soleil. Je retrouve également mes italiens, et Kim, une canadienne qui m’a contacté suite à mon annonce pour le roadtrip et que nous voulions rencontrer avant de partir. Nous voilà 4 à présent. Avant de rentrer pour ma dernière nuit chez Craig et Sara, je profite d’une belle après-midi ensoleillée pour me promener à Kings Parc, qui offre une belle vue sur la ville.




Mercredi 21 Août, enfin, c’est parti pour la découverte des paysages de la côte Ouest d’Australie !


mardi 13 août 2013

Malaisie



Jeudi 25 Juillet, après 2h30 de vol depuis Yogyakarta, j’atterris à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie vers 15h heure locale. Je viens rendre visite à Mikael, un ami en expatriation ici depuis un peu plus d’1 an. La Malaisie est un  pays à la fois dynamique et moderne (pétrole, produits électroniques, buildings et gros projets) enrichi par sa diversité ethnique (Malais 50%, Chinois 30%, Indiens 10%, Tamouls). Les chinois détiennent plus de 40% des pouvoirs économiques, tandis que les Malais n’en contrôlent que 18%, le reste appartenant aux investisseurs étrangers. On y trouve à l’Ouest un pays développé et industrialisé ; à l’Est, une côte de plages superbes, des villages traditionnels et îles tropicales ; sans oublier l’île de Bornéo. Bref, largement de quoi m’occuper pour mes 3 semaines en Malaisie.

Après 1 heure de bus lors de laquelle je vois défiler des centaines, voire des milliers de palmiers, j’arrive à KL Sentral  au centre de Kuala Lumpur. Je prends alors le monorail (métro aérien de KL) pour me rendre dans le quartier du Triangle d’or  où habite Mikael. Il est déjà 17h30 et les rues sont animées de marchands de rue où les gens viennent manger après une longue journée de jeûne (ramadan). 5 minutes plus tard, j’arrive dans l’hôtel où vit Mikael, c’est la classe ! Je ne me sens d’ailleurs pas trop à ma place dans le hall, avec mes habits de routarde, mes chaussures de randonnée et mon gros sac à dos. Mikael me rejoint 30 minutes plus tard après la sortie du travail. Nous sortons dehors pour boire un verre et diner. Nous n’avons que l’embarras du choix car il vit dans un quartier où il y a une multitude de bars et restaurants ; pour mon premier soir en Malaisie ça sera indien, histoire de changer un peu des nouilles et du riz !

Le lendemain c’est une journée organisation pour la suite du voyage (et blog) ; le soir pour le happy hour, Mika m’emmène à l’Helipad bar, en compagnie de 2 amis, Sara et Andrea, un bar au sommet d’un building (en fait un héliport) avec vue sur la ville et les tours Petronas (tours jumelles en verre et en acier figurant au 5ème rang des tours les plus hautes du monde)! C’est vraiment sympa et surprenant de ne voir aucune barrière – c’est sûr qu’on ne verrait pas ça en Europe !


Nous nous dirigeons ensuite vers la Jalan Alor, rue où sont alignés des dizaines de petits restaurants chinois, et où se côtoient malais, chinois, indiens, expatriés et touristes. Après un bon petit repas, nous terminons la soirée dans un bar salsa dans un quartier un peu excentré du centre.
S’ensuit un bon petit week-end : samedi brunch dans le quartier de Bangsar puis ballade au Lakes Garden, grand parc situé au cœur de la ville de Kuala Lumpur, plutôt agréable pour se balader. Le soir soirée tranquille dans le quartier de Mikael. Dimanche, départ de bonne heure pour un jardin botanique à 1 heure de Kuala Lumpur, où nous partons faire un accro-branche avec Sara et Andrea – parcours extrême bien sûr. Sur la route du retour, nous nous arrêtons manger à Bangsar dans un restaurant indien traditionnel puis nous retournons à KL pour une soirée pépère (en fait je fais une sieste de 2 heures pendant que les autres vont se faire faire un petit massage).



Lundi, après une journée organisation/visite (China Town), je prends un bus de nuit pour Kuala Besut, gros village de pêcheur situé sur la côté Est de la Malaisie et principal port d’accès aux îles Perhentian (îles couvertes d’une épaisse jungle et entourées de magnifiques plages de sable blanc et d’eaux d’une clarté étonnante, et classées parc national). Je retrouverai Mikael dans 10 jours pour passer le week-end de Hari Raya (we de 4 jours pour la fin du ramadan) en sa compagnie, avant de repartir pour l’Australie.
Après 7 heures de route dans un bus très confortable, nous arrivons à 4 heures du matin. A 7 heures nous embarquons sur le fastboat et à 8 heures nous débarquons sur l’île de Kecil (la plus petite des 2), à Long Beach, où l’on peut trouver quelques logements pas trop chers.


Je rencontre 2 filles très sympas qui étaient dans le même bus que moi, et avec qui je vais pouvoir partager une chambre pour mes 3 nuits sur l’île. Motivée par le soleil radieux, malgré mes quelques heures de sommeil, je m’inscris pour un tour snorkelling sur la journée.
A 10h30, c’est parti ! 1er stop à Turtle Point (2 tortues énormes ! et 2 petites), 2ème stop au Coral Garden (magnifiques coraux avec de très beaux bénitiers et des centaines de poissons multicolores), 3ème stop à Shark Point (une eau translucide et 20 minutes dans l’eau pour essayer de voir des requins, sans succès), puis un dernier stop avant le déjeuner pour essayer de voir des requins : du coup, re-20 minutes dans l’eau et là, enfin, nous avons la chance d'en voir 2, plutôt gros je crois, mais ils étaient assez loin donc difficile de dire. En tous cas merci à notre guide qui a été formidable ! Et puis un dernier stop après le repas vers une magnifique plage de sable blanc pour terminer en beauté cette belle journée de snorkelling !



Le lendemain, je me décide pour faire mon rappel de plongée, 6 ans après ma semaine en mer rouge. Mon moniteur est très sympa, après les quelques exercices de sécurité (toujours la même angoisse de remplir le masque d’eau – surtout ne pas respirer par le nez !), nous partons pour presque 1 heure de plongée. C’est chouette, je retrouve petit à petit les sensations, c’est cool ! Le soir petit restaurant barbecue sur la plage avec des gens rencontrés sur l’île, dommage qu’un énorme orage nous oblige à nous abriter à peine le repas entamé.


Le lendemain, je me réinscris pour une plongée, le « Temple de la mer ». Nous partons en bateau vers un îlot en pleine mer. La plongée est sympa mais malheureusement la visibilité pas très bonne, la mer agitée (le temps est couvert aujourd’hui) et il y a quelques courants. 45 minutes de plongée tout de même, lors de laquelle nous verrons requins (des petits cachés dans des trous), poissons clowns (des dizaines), une petite murène et plein d’autres petits poissons. A mon retour vers 15h, je décide d’aller me promener jusqu’au D’Lagoon, petite plage à environ 1 heure de marche de Long Beach. Je rencontre rapidement en chemin un hollandais avec qui je passe la fin d’après-midi.


Puis pour ma dernière soirée sur l’île (pluie, encore !), petite soirée dans un bar où joue un groupe plutôt sympa ; j’aurai aimé aller sur la plage, mais le temps ne s’y prêtait malheureusement pas trop.
Le lendemain, direction le parc national Taman Negara, où j’arrive en toute fin d’après-midi. Le Taman Negara est l’un des 8 parcs nationaux de Malaisie. Il couvre plus de 4300km2 ; c’est un immense morceau de jungle encore plus vielle que les forêts d’Amazonie, puisqu’elle a 130 millions d’années. On y trouve 10 000 espèces différentes de plantes, 620 espèces d’oiseaux, mais également des animaux tels que tigres, léopards, ours, buffles d’eau, éléphants, tapirs, et aussi serpents, scorpions, chauves-souris (des millions), et  tous les insectes inimaginables.
Je décide de prendre un trek de 2 jours / 1 nuit histoire de voir la vrai « rainforest » de Malaisie. Je rencontre 2 français et 2 Suisses également intéressés ; du coup on s’inscrit ensemble et notre guide à l’air plutôt très sympa. Samedi matin, départ en pirogue à moteur pour une « croisière » d’environ 2 heures pour rejoindre le point de départ de notre marche. En chemin, nous nous arrêtons faire la « canope walk », une petite marche aérienne au milieu des gigantesques arbres de la jungle.


C’est seulement à 13h30 après un rapide déjeuné sur la pirogue que nous démarrons la randonnée. C’est seulement après une longue marche de 6 heures que nous atteignons l’immense grotte dans laquelle nous passerons la nuit. J’ai trouvé ça un peu long, surtout les 2 dernières heures ; nous arrivons trempés de sueur (90% d’humidité à Taman Negara) et nos pieds sont tous boueux. Heureusement nous avons échappé à la pluie et aux sangsues (ouf !).



Après une douche à la rivière (je vérifie chaque minute que je n’ai pas de sangsues sur les jambes), un bon diner (chicken curry) et quelques jeux de type « casse-têtes », je m’endors vers 23h dans un duvet qui pue l’humidité (pas très agréable). Au réveil, nous avons l’agréable surprise de voir que les chauves-souris ont passé la nuit à nous « chier » dessus. C’est pas terrible, il y a des crottes partout, sur les duvets, les matelas, et très probablement un peu dans nos cheveux… Beurk. Pendant le déjeuner, une chauve-souris arrive même à chier sur mon toast ! Comme si la grotte n’était pas assez grande !



Vers 10h30, nous partons pour une journée plus cool et le soleil est au rendez-vous ! Après 2h30 de marche on s’arrête pour un agréable déjeuner au bord de la rivière (où certains se baignent et/ou jouent à Tarzan avec les lianes) puis c’est après 1h30 supplémentaire que nous arrivons au port où nous attend la pirogue. Sur le chemin du retour, nous faisons un stop dans un village d’Orang Alsi. Ce sont les 1ers habitants de la péninsule malaise, l’équivalent des aborigènes d’Australie. On en compte aujourd’hui moins de 100 000 ; ils se divisent en 3 groupes ethnolinguistiques : les Négritos (vivants dans la jungle au Nord de la Malaisie et se nourissant de chasse et de cuillette), les Proto-Malais (vivants dans le Sud de la péninsule, peuple pêcheur) et les Senois (vivants dans la junfle du centre de la Malaisie). Lauren, Victorien et moi profitons de la rivière pour nous baigner (que c’est agréable après avoir sué pendant 2 jours !) tandis que Marie et Sylvain partent visiter le village.




Vers 18h nous sommes de retour au village de Kuala Tahan où une douche bien méritée nous attend ! Ce trek aura été une sacré expérience mais j’avoue que je ne la retenterai pas de sitôt : en effet, marcher dans la boue pendant des heures et ne voir que des arbres, me faire chier dessus par des chauves-souris toute la nuit, transpirer comme jamais et être mouillée de sueur du matin au soir, tout ça pour voir en 2 jours, 2 singes (enfin disons plutôt aperçu), et quelques insectes bizarres (dont une tarentule), et bien disons que ce n’est pas trop mon truc ! J’ai quand même passé des moments très sympas  avec des gens supers et je suis contente – après coup – d’avoir participé à cette petite aventure !
 
Le lendemain, je pars en direction de Cameron Highlands, ancienne station d’altitude (1600m en moyenne) d’époque coloniale. On y découvre des collines vertes et des montagnes, couvertes de plantations de thé, des jardins tropicaux et fleuris, des exploitations d’arbres fruitiers et de légumes, des serres horticoles.  Malheureusement, les villages ont été modernisés et d’importantes constructions en béton gâchent un peu le paysage. Comme j’ai peu de temps, je réserve un tour organisé pour le lendemain : au programme, visite des plantations de thé et d’une usine, visite d’une « Butterfly farm » et « strawberry farm » et petite balade dans la « mossy forest ». C’est une visite condensée, mais un peu décevante (trop de touristes, peu d’explications dans l’usine de thé, pas de dégustation et malheureusement aussi pas très beau temps).




Le lendemain matin, je repars de mon côté en taxi (avec Sebastian, un allemand de ma guesthouse) pour visiter une autre plantation de thé ; c’est vraiment plus sympa que la veille car nous sommes seuls (et pas avec tous les autres véhicules / touristes des tours organisés) et nous pouvons prendre le temps de nous promener dans les plantations.



L’après-midi je reprends le bus direction KL et je retrouve dans la plaine les plantations de palmiers. L'huile de palme aujourd'hui la plus consommée dans le monde est produite à 85% par la Malaisie et l'Indonésie qui détiennent un quasi-monopole. C'est une source de richesse considérable mais qui s'accompagne malheureusement de problèmes environnementaux, avec notamment une déforestation massive des forêts tropicales.

Je retrouve donc Mikael à KL et nous profitons de la soirée de mercredi (ladies night - boisson gratuite pour les filles de 19h à 21h!) pour aller au Skybar, qui offre une belle vue sur les tours Petronas.


Le lendemain, après avoir changé d’avis plusieurs fois, nous décidons finalement à la dernière minute de passer le week-end prolongé de Hari Raya à Bornéo. Après une journée repos / organisation le jeudi, nous décollons de bonne heure vendredi matin pour Kuching, capitale de l’état du Sarawak (partie Sud de Bornéo). Après une après-midi tranquille lors de laquelle je me décide finalement pour un massage (après 2 mois en Asie), nous partons le lendemain pour la visite du Bako National Park. Le parc national de Bako est le plus ancien parc national ouvert dans le Sarawak. La côte, sous l’effet de millions d’années d’érosion, se compose de falaises abruptes, de cap rocheux et de larges baies sablonneuses. Après une traversée en bateau d’une vingtaine de minutes, nous accostons sur une plage où j’ai la change de voir 3 nasiques (proboscis monkey en anglais), une espèce de singe à long nez que l’on ne trouve qu’à Bornéo.




Nous partons ensuite pour 4-5 heures de randonnée à la découverte des plages sauvages  de l’île. Belle journée malgré la pluie en début et fin de journée qui nous a empêchés de profiter pleinement des magnifiques paysages du parc.





Le lendemain matin, nous visitons le Semenggoh Wildlife Center pour voir les Orang-Outans (autre espèce de singe que l’on ne trouve qu’à Bornéo et Sumatra). L’après-midi, petite balade en bateau traditionnel sur la Kuching River, visite du jardin des orchidées et du musée d’ethnologie pour en apprendre un peu plus sur les peuples de Sarawak à Bornéo.





Dimanche soir, retour à KL. C’était un week-end rapide mais qui m’a permis de découvrir une autre facette de la Malaisie, très différente de la péninsule. Merci Mika !

C’est sur cette dernière belle découverte que s’achève mon périple en Malaisie car pour mes 2 derniers jours à KL, ça sera uniquement de l’organisation pour mes semaines / mois à venir. Beau séjour, belles expériences et belles rencontres, comme toujours!